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Contact Antoine Hervé :
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Tel:01 42 78 25 52
Mob: 06 12 64 26 91
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Play/Stop : "Road to Northsea part 2 "
extrait du dernier album "Road Movie"
chez Nocturne (Nov.2006)
presse

Jazzman
- novembre
2006 - CD événement-
Génial!
Antoine
Hervé revient dans cet album sur les dix dernières années
de sa carrière et nous propose avec réaménagement
de quelques-unes de ses principales créations, une sorte de
ballade itinérante dans son propre parcours musical. Djakharta
qui ouvre l’album est une commande passée par le festival
de la Côte d’Opale en 2005. Road to Northsea est
une pièce créee pour le CNSM de Lyon et enfin Rue des
Lombards a été composé pour Laurent Cugny qui,
en 1996, avait demandé une oeuvre à chacun des anciens
chefs de l’ONJ dont c’était le dixième anniversaire.
Le résultat de cet ensemble basé sur l’écriture
prolixe est absolument foisonnant, riche, parfois émouvant
mais jamais cérébral. Suivre le discours d’Antoine
Hervé, c’est suivre un stimulant dédale. Car le
point de départ d’un morceau a son point d’arrivée,
mille choses se produisent sans rupture (décalages rythmiques,
renversements harmoniques, valeurs asymétriques…). Et
pourtant s’appuyant sur le génial apport d’Arnaud
Franck aux congas et sur une rythmique exceptionnelle, la pulse ne
s’égare jamais en cours de route et fait office de balise
dans ce délicieus labyrinthe. Qu’il écrive pour
cuivres ou pour cordes, Antoine Hervé entrelasse les sections
et les fusionne dans un même corpus d’où émergent
quelques voix. On retiendra celle émoûvante de la clarinette
basse de Michel Portal, les sinuosités fièvreuses de
Stéphane Guillaume et la chaleur cuivrée du trompettiste
Markus Stockhausen (le fils du célèbre compositeur)
qui, de bout en bout, irradie cet album de la pureté de ses
lignes mélodiques. Antoine Hervé se permet alors toutes
les audaces dans ce voyage. Des athmosphères éthérées
de fin de concert dans Rue des Lombards jusqu’à
l’apparition de bombardes et cornemuses pour une sorte de danse
celtique qui se termine naturellement en duo jazz entre le piano de
Antoine Hervé et la flûte de Stéphane Guillaume
(Celtic Variations) jusqu’aux intermèdes aux
limites du hip-hop (Northsea part 3), Antoine Hervé
nous trace une route luxuriante sur laquelle il est voluptueux de
se perdre.
Jean-Marc
Gelin.
Piano,
Le Magazine - interview
de Thierry Quénum - sept-oct-2004
Ce
qu’on connaît surtout de vos débuts, c’est
que vous avez dirigé très jeune la deuxième
mouture de l’Orchestre National de Jazz. Qu’y a-t-il
de vrai dans cette image d’enfant prodige ?
Le mot est un peu fort ! Disons que la musique et moi nous
sommes tout de suite plu. Vers dix ans, Pour faire plaisir à
mon père, j’avais repiqué d’oreille le
cinquième concerto de Beethoven !
J’adorais mes premiers cours de piano classique avec Pierre
Baubet-Gony, et mes premières années de musique, pendant
lesquelles le plaisir et la découverte étaient mêlés
de façon jubilatoire.
Puis quand j’ai atteint l’âge de 12 ans, Daniel-Lesur,
mon grand-oncle compositeur m’a orienté vers Pierre
Sancan et son assistante Marie-Madeleine Petit avec qui j’ai
beaucoup travaillé le classique. Avec Sancan, les choses
sont devenues plus sérieuses et plus contraignantes. J’ai
appris comment faire un son au piano, c’était un fabuleux
pianiste. Parallèllement, je rentrais au Conservatoire de
Paris pour huit années passionnantes en classes d’écriture.
Mais j’avais aussi besoin de créer mes propres voies,
en écoutant les disques de mes parents qui étaient
très mélomanes, ou en jouant du rock et du blues avec
mes grands frères.
Pourtant vous avez multiplié
les disciplines : percussion, harmonie, contrepoint, écriture …
Effectivement, je me suis diversifié, mais plus tard .
Je voulais également écrire et jouer en orchestre.
La percussion permettait d’approcher le symphonique, d’essayer
de comprendre en observant du fond de l’orchestre comment
on pouvait diriger. Mais en même temps, je continuais en cachette(c’était
« interdit » par les Maîtres…)
à jouer de plus en plus de jazz, parce qu’il y avait
là un aspect rythmique quasi-inexistant dans l’enseignement
classique en France. En fait, rythmiquement, le jazz n’est
pas plus riche qu’une autre musique : c’est le
rapport à la pulsation – ce qu’on appelle le
swing – qui fait sa spécificité. Ce balancement
et l’énergie qui en découle, se retrouve d’avantage
chez des compositeurs non-français comme Stravinsky ou Bartok.
L’étude du classique au CNSM m’apportait une
certaine rigueur, écrire sur une table, visualiser la musique
sans instrument, j’appréciais particulièrement
l’étude du contrepoint. L’école française,
dans ce domaine, est excellente ! J’ai eu de très
bons Maîtres comme Henri Challan, Jean-Claude Raynaud et une
quinzaine d’autres.
Le jazz, vous l’avez
découvert par les disques, mais comment en avez-vous débuté
la pratique ?
D’abord en relevant des 78 tours, puis j’ai rencontré
le clarinettiste Jacques Doudelle, qui jouait souvent sur le marché
près de chez moi, et qui m’a fait découvrir
à 14 ans ce qu’était une « grille »
de jazz New-Orléans. Par la suite, le guitariste Serge Lazarévitch
m’a fait cadeau du fameux Real Book, receuil de partitions
de jazz contemporain, reflet de l’actualité créative
aux USA. Parallèlement je rencontrais des fans de jazz rock
et je me suis mis au piano électrique Rhodes Fender:
bref je baignais dans une atmosphère musicale richissime.
Je suis d’une génération où il suffisait
d’appuyer sur un bouton pour entendre toutes sortes de musiques.
Actuellement le jazz souffre du manque d’initiateurs, et la
télé nous assène son incompétence à
jouer ce rôle. Par ailleurs, le problème avec l’abondance
de possibilités dont je disposais, c’était le
choix, et le fait que le duo que je formais avec mon ami Andy Emler
ai remporté le concours de la Défense a orienté
ce choix. En 1983, Une commande de Radio-France à l’initiative
d’André Francis pour réunir un « All
Stars de la nouvelle génération» comme
il l’appelait m’a amené à réunir
des musiciens de ma génération, à écrire
pour eux, puis à jouer au Festival d’Antibes-Juan-les-Pins
et au Festival de Paris. Peu après, quand le premier ONJ
a été créé, son directeur a opportunément
repris les musiciens de ce « All Stars ».
Un an plus tard, je dirigeai l’ONJ à mon tour.
André Francis était un grand producteur qui a énormément
apporté au jazz à l’époque, et a eu une
influence déterminante sur ma carrière artistique.
Un parcours fulgurant !
Je ne le réalisais pas à sa juste mesure: j’ai
appris mon métier, découvert l’importance de
la politique dans la musique, et me suis fait des amis et des ennemis.
L’ONJ contribuait, en tant que musique institutionnelle, à
promouvoir la vitrine culturelle du gouvernement de l’époque,
liée à des valeurs d’ouverture et de changement.
Rien n’a hélas été fait dans ce sens
depuis. On avait donc une grande liberté de création
et une médiatisation importante, ce qui a agacé certains
et ravi d’autre: quand on réussit trop jeune et trop
brillamment, certaines portes se ferment. Mais en fait, comme à
l’origine je n’avais pas particulièrement l’intention
de m’exprimer exclusivement à travers le jazz, j’ai
continué après l’ONJ en écrivant ou en
jouant dans des contextes artistiques variés. Je parle « le
jazz » comme une langue maternelle, au même titre
que le classique. J’ai baigné dans ces deux musiques
depuis mon enfance et c’est pour ça que j’ai
eu envie de me balader, d’explorer. En France, le jazz est
une musique « immigrée » qui se sent
bien « chez elle ». Mais, dans ce fabuleux
pays d’accueil, un petit milieu, bien plus intégriste
que les natifs du pays d’origine (probablement par ignorance
ou par intérêt), entend faire la pluie et le beau temps
et poser des barrières. Ici il n’est jamais question
de musique, l’occupation principale consistant à définir
ce qui est du jazz et ce qui n’en est pas. Ridicule et vain.
Quand je vais aux USA, je sens au contraire un souffle de liberté,
d’acceptation de ce qu’on est en tant que créateur.
On a le droit d’être qui on est et c’est très
stimulant artistiquement, même si c’est malheureusement
nettement moins soutenu économiquement (nul n’est prophète
en son pays). Curieusement, les amateurs aux USA sont agréablement
surpris, voire très touchés de voir que des créateurs
de « l’étranger » assimilent
le jazz issu de chez eux, et l’emmènent toujours plus
loin, lui apportant un nouveau souffle. Il semble bien qu’ici ,
il s’agit bien d’un art universel, vivant, ouvert à
toute la planète, et non d’un art ethnique réservé
aux seuls noirs américains.
Dans les notes de pochette d’un
de vos récents disques, vous remerciez un certain Alberto
Neumann qui est-il ?
C’est un grand pédagogue, ancien élève
et confident de Arturo-Benedetti Michelangeli, que j’ai rencontré
voici trois ans et qui m’a aidé à comprendre
certains aspects techniques du piano qui complétaient ce
que j’avais appris auparavant. Sa formule savoureuse :
« Il faut rentrer dans l’intimité du système
musculaire antagoniste », veut simplement dire que le
muscle qui abaisse un doigt et celui qui le rétracte, comme
celui qui écarte deux doigts et celui qui les resserre sont
antagonistes, donc pour qu’ils ne se gênent pas entre
eux, l’un doit se détendre pendant que l’autre
travaille. Il faut « entrer » dans ce système,
le comprendre à un niveau microscopique pour que les muscles
puissent travailler sans se gêner. Les rencontres de ce type
sont essentielles dans la vie d’un pianiste. Un jour, par
exemple, Joël Perrot, un autre ami pianiste, producteur et
ingénieur du son m’a dit « On ne joue pas
du piano avec ses doigts », ce qui m’a énormément
aidé à envisager l’ensemble du corps comme un
tout, à ne plus isoler les articulations, à sentir
la transmission d’une énergie fluide, du type de celle
que l’on recherche dans le Taï-Chi. Avant de rencontrer
Neumann, j’avais atteint un certain niveau de blocage. À
trop travailler l’isolation de l’articulation des doigts
du poignet et des bras, on finit par avoir de gros problèmes.
De plus, en jazz, le pianiste doit souvent jouer très fort
et développe une surpuissance musculaire, d’ailleurs
vaine, à côté d’une batterie et d’une
basse amplifiée. Par ailleurs l’étendue des
techniques utilisées est nettement moindre qu’en classique
où l’on se spécialise souvent dans un répertoire.
En jazz, comme on improvise, on a surtout besoin de la technique
correspondant à son propre langage. C’est flagrant
chez Thelonious Monk. Personnellement je me suis remis au solo pour
retrouver mes marques, pour développer un toucher de piano
plus riche et plus varié, pour pouvoir explorer. Je me nourris
de toutes mes expériences passées, et je suis le reflet
de ce qui caractérise les préoccupations de notre
époque, une recherche d’identité dans un monde
sans cesse plus globalisé, indifférencié, frisant
parfois l’anonymat, où le consommateur qui n’aime
que ce qu’il connaît ou croit connaître, prend
et jette avec la même absence de discernement. Il faut oser
cultiver sa différence.
Ce retour au solo correspond
à la sortie d’un disque, « Inside »,
et d’un DVD où vous montrez, entre autres, le jeu dans
les cordes et le travail de votre régleur de piano. Vous
ouvrez « l’arrière-boutique »
au public ?
Dans ces bonus, j’essaie de faire entrer le public dans l’intimité
du piano : La partie « réglage »
met en scène Pascal Aubin, technicien du piano, qui montre
la mécanique et parle de l’accord du piano. Celle sur
le jeu dans les cordes est un prétexte à parler de
musique, de voix, de chant, de percussion, de piano orchestral …
Toucher directement la corde permet une approche nouvelle dans les
modes de jeu et donne à entendre un type de timbres uniques.
Cela reste malgré tout du piano . J’ai déjà
échantillonné l’ensemble du piano et m’en
suis servi dans mon album solo « Inside ».
Je voulais faire entendre un piano-orchestre, faire du piano un
vaisseau spatial pour voyager (en moi-même) vers l’inconnu.
Je suis en train de traiter à nouveau tout cela sur ordinateur
en collaboration avec Véronique Wilmart, compositeur de musique
électroacoustique. Je présenterai prochainement une
création sur scène au festival Présence à
Radio France (le samedi 12 février 2005). L’idée
étant de partir des sons naturels du piano, de leur faire
subir des tranformations par les modes de jeu dans les cordes en
direct (sans électronique), jusqu’à ce que la
bande prenne le relais, « sublime » cet univers
sonore concret et fasse basculer l’auditeur dans une toute
autre dimension.
Le son sera spatialisé en utilisant la technique dite du
« cinq point un », issue du cinéma.
La technologie, aujourd’hui comme au temps de Bach, fait évoluer
la musique et contribue à générer de nouvelles
émotions. Quand le grossissement permet de voir un insecte
de près sur grand écran, comme dans le très
beau film de Claude Nuridsany et Marie Pérennou « Microcosmos »,
on ressent quelque chose d’inédit ! De même
un son, grossi ou décomposé, reste un son qui vient
du piano, mais dont on a révélé des aspects
jusqu’alors inconnus. Il me semblait important d’expliquer
ma vision du piano actuel, celle d’un homme-orchestre. De
par ma formation multi-plateformes, je me sens en harmonie avec
l’aspect orchestral du piano, et je pense que cet instrument
a encore une longue vie devant lui. Récemment, dans les années
soixante dix, un italien du nom de Fazzioli vient d’inventer
un nouveau son, et c’est magnifique. Chapeau, il fallait le
faire. L’aventure continue.
De façon générale, je préfère
émouvoir qu’impressionner. J’aime le partage
d’énergie instantané sur scène avec le
public, et je crois que l’énergie réside dans
l’émotion. Les musiciens agissent alors comme des paraboles
qui captent et renvoient l’énergie du public re-transformée.
Le fait d’improviser amplifie ce processus. Le concert est
fondamental, et quand je n’ai pas assez joué sur scène
je ressens physiquement un malaise, une baisse d’énergie.
Enregistrer un CD ou un DVD est un acte plus « abstrait »,
plus « composé ». D’ailleurs,
certains musiciens peinent à trouver les sources d’énergie
nécessaire pour créer en studio, n’ayant pas
de public avec eux.
Dans l’univers de la création artistique, on plonge
au fond de soi-même et l’on en ramène des choses
qui peuvent révéler des qualités d’universalité
dans ce sens qu’elles ont la faculté de toucher quelque-chose
qui appartient à tout le monde. C’est comme ça
que je définirai le talent, la faculté de parler un
langage universel.Le phénomène est le même quel
que soit le style ou l’époque : le monde, le réel
est en nous, pas en dehors.
Autre type de contact
avec le public : la résidence. Vous en débutez
une à Metz cet automne. En quoi cela consiste-t-il exactement
?
Cette résidence à l’Arsenal de Metz s’articulera
autour de trois axes : diffusion, sensibilisation, transmission.
Il y aura donc des concerts : en solo, en duo avec Michel Portal,
une création avec Markus Stockhausen et l’Orchestre
Imaginaire … Pour la sensibilisation, j’irai dans
les écoles du département de la Moselle parler de
musique, expliquer le travail d’un créateur. Et le
troisième volet, pédagogique, sera centré sur
les élèves du conservatoire à qui je vais faire
travailler mes compositions. Toujours l’initiation donc.
C’est très intéressant : je ne crois pas
qu’aujourd’hui l’artiste puisse se passer de la
pédagogie ou tourner le dos au public en lui laissant entendre
que ce qu’il fait est à prendre ou à laisser,
comme le faisait Miles Davis, c’était une autre époque,
d’autres besoins, comme celui d’affirmer par exemple
que la musique se suffit à elle-même !
Télérama
août 2003
Inside piano solo,
a tourné tout lété sur la platine du
chroniqueur, qui a eu la joie de voir son plaisir croître
au lieu, comme souvent, de satténuer. Expressivité,
sentiment, conviction, précision et connaissance, tout artiste
les recherchent, peu importe alors le genre musical, affirmait la
grande Nadia Boulanger.
Antoine Hervé, ancien chef de lOrchestre Musical de
Jazz (de 1987 il avait 28 ans à 1989) a admirablement
développé ces qualités. Sa connaissance de
la musique classique et contemporaine autant que du jazz, sa maîtrise
de linstrument, sa délicatesse de sentiment, de toucher
aussi, qui passe souvent à la robustesse du jazz dit «classique»,
bref, la force de sa conviction dans de séduisantes compositions
originales emporte la nôtre : jamais on a entendu autant de
piano dans un disque de piano !
Hervé sest servi exclusivement des sons que peut produire
linstrument, aussi hors du clavier (effleurement direct des
cordes, percussions sur le bois, savante utilisation des trois pédales),
pour nous offrir, avec un lumineux travail de mixage et de réverbération,
tout le piano considéré pour ce quil est : un
orchestre à lui seul. Bravissimo !
Michel Contat
Jazzman
mai 2003
Dès la première plage, Chimère,
Antoine Hervé met du rêve dans sa musique. Bénéficiant
dun magnifique piano au son cristallin, un Fazzioli F278,
il installe par petites touches des paysages oniriques.
Parfois peu marqués, les rythmes sinstallent en de
courtes phrases circulaires et répétitives sur lesquelles
se greffent des motifs mélodiques. Ils peuvent dépaissir,
passer au premier plan, et rentrer dans la danse (Les
pensionnaires, Africa)
naître du bois de linstrument. Car Antoine Hervé
a choisi de tirer parti de toutes les sonorités de son piano,
den utiliser les cordes métalliques, de sen servir
comme tambour. Il nabuse point des effets, même sil
se permet parfois de recourir au montage, de mixer, de ralentir
ou daccélérer sa musique (Rainfalls)
afin dy installer une plus large palette de couleurs. Mélodies
et rythmes sont ici les fruits dune réflexion qui procède
autant de la logique que dune inspirante sensibilité.
Saidant dune grande connaissance de lharmonie
et dun impressionnant bagage technique le virtuosité
est aussi au rendez-vous le pianiste construit là
un univers sonore très ouvert qui probablement lui ressemble
beaucoup. Les sonorités indiennes de Inside
évoquent quelque lointain ragga ; le thème Smoke
fait penser à un autre blues, le célèbre (You
give me) Fever de John Davenport et Eddie Cooley.
Il y a beaucoup de bonnes idées et dinvention dans
ces pièces dAntoine Hervé, dans ces musiques
chantantes, souvent contemplatives qui racontent des histoires (Just
live to tell the tale) et dévoilent la richesse de son
imaginaire.
Pierre de Chocqueuse
^
Jazz Magazine juin
2003
Des pédiatres avisés estiment quil est bon quun
enfant, pour construire sa personnalité, connaisse des moments
de solitude à lheure où les parents, trop inquiets
dun avenir sombre, sollicitent toutes les énergies
de leur héritiers à coup dateliers et autres
programmes intensifs. Ils oublient peut-être que la création
passe par le retour de soi.
Antoine Hervé, loin de toute fuite vers lexercice de
style, la bien compris. Confronté à son intimité
artistique, il nous fait partager le fruit de son introspection.
Et le plaisir est grand. Celui qui fut hier lanimateur remarqué
de lONJ réduit sous ses doigts tout un orchestre.
De solide formation classique, il aborde les rivages de limaginaire,
effleure sans jamais déflorer, se risque tel un fils de Glenn
Gould ou Keith Jarrett sur les sentiers dune terre retirée.
La prise de son, remarquable, participe de cette confidence.
De son Fazzioli qui simprovise percussion, violon indien ou
contrebasse de fortune, Hervé tire des sons insoupçonnés.
Son jeu où s'équilibrent une main gauche parfois primesautière
et une droite qui égrène de belles idées mélodiques,
se soucie autant de la dynamique que de la technique. Il compose,
varie comme un architecte qui, sans regrets, ferait tomber quelques
murs pour dégager la vue.
Je ne saurais donc que trop vous conseiller ce voyage ou Antoine
Hervé pourrait faire siennes ces lignes de Morand : «Je
naurai pas honte de ma vie tant quelle sera mobile».
Philippe Deneuve
La Voix du Nord
mai 2003
Ici, rien qui ne vienne brouiller
lécoute : lhomme est seul au clavier, arc-bouté
sur sa musique. Dessinant note à note des paysages fluides
et limpides ; développant sur des rythmes insidieux des visions
oniriques évanescentes ; appuyant le trait avec force cordes
pincées et coups frappés sur le bois. Contemplatif
mais ponctué de clins dil, intériorisé
sans être impénétrable, lunivers dAntoine
Hervé sirise ainsi au fil des plages de couleurs changeantes
déposées par à-plats successifs.
Soutenu par une connaissance sans faille de lharmonie
une dizaine dannées de conservatoire sont passées
par là et un impressionnant bagage technique, il se
glisse avec délectation dans lombre de Keith Jarrett
(Chimère,
Just
live to tell the tale) dErik Satie (Les
pensionnaires) de Duke Ellington (Smoke)
voire de Bud Powell (Esperanza)
car le piano solo ne peut pas être un exercice solitaire.
^
Piano le Mag juillet
/août 2003
Antoine Hervé aura mis longtemps avant de se décider
à réaliser son premier disque en piano solo. Et cest
tant mieux car lenregistrement quil nous livre aujourdhui
est emprunt dune maturité évidente, tant au
niveau du jeu que des compositions. Ces dernières sont dune
grande diversité, dun point de vue mélodique
et rythmique, reflétant par endroit lintérêt
du pianiste pour les musiques non-européennes. Mais ce qui
est avant tout mis en avant, cest le rapport physique dHervé
et de son instrument (un somptueux Fazzioli) quil avait depuis
un certain temps, sinon délaissé, du moins relégué
au second plan en regard de ses préoccupations de chef dorchestre
allant du trio au big-band. Amples développements mélodiques,
ruptures rythmiques, variété du toucher, jeux sonores
avec les différentes parties de l instrument
Antoine Hervé prend de toute évidence un grand plaisir
à retrouver sous ses doigts un instrument quil sait
faire sonner de façon passionnante, sans pour autant tomber
dans le piège de la dispersion ou de la virtuosité
gratuite. Litinéraire quil nous propose le long
de ce clavier rédécouvert est bien agréable
à suivre.
Pianiste juillet
2003
Etrange projet que ce nouvel album dAntoine Hervé.
Cest à croire que le piano ne suffit pas au musicien.
Ou plutôt, quil lui suffit, à condition de lutiliser
aussi pour autre chose que ce pourquoi il est prévu. Le disque
alterne ainsi pures pièces de jazz interprétées
dans la tradition du piano solo, et morceaux à base de (re)constructions
sonores.
Sur les premières, Antoine Hervé nous montre toute
létandue de son talent : mise en place, sensibilité,
sens de la dynamique, toucher lumineux
les thèmes sont
abordables, peut-être un peu trop, ou rappelant de façon
trop marquée dautres pianistes (John Taylor, Gordon
Beck). Autrement plus intrigantes, et par là même,
plus réussies, les pièces faisant appel aux «
autres » ressources du piano et du montage sonore. Le piano
(un Fazzioli) se métamorphose ainsi en percussion, sitar,
contrebasse ou en son plus ou moins défini ; Hervé
le frappe, le caresse, le transforme et mêle habilement le
résultat obtenu, rythmiques, nappes avec des interventions
de piano pur. Les sensations sonores sont ainsi assez inhabituelles,
et les morceaux très évocateurs. La question est donc
: pourquoi ne pas avoir enregistré tout le disque de cette
manière ?
Jean-Stephane Guitton
^
Jazz Break juin
2003
Le piano se prête peut être plus facilement à
l'exercice délicat du solo, mais avec un musicien de la classe
d'Antoine Hervé, le risque est très mesuré.
Enthousiaste à l'idée de s'embarquer pour cette aventure,
voici son premier album solo, où il place expression, fluidité
de l'énergie, développement créatif, improvisation,
dans ses priorités et son carnet de route.
Comme le mental est en harmonie avec le physique, il est volontiers
sous emprise, «dedans». Sensibilité, émotion,
intelligence de la construction composent cette échappée,
belle, fuite de la réalité, emporté par le
sentiment de la musique.
Antoine Hervé écrit pour le piano et à travers
lui. Il a étudié brillamment piano et percussions,
cela se sent. Il arrive à manipuler la «machine»,
à faire de son instrument absolument ce qu'il en veut, au
gré des lubies : on passe de formule classiquement mélodique,
en improvisations brillantes, où technique et virtuosité
restent au service du plaisir de l'imaginaire mis en lignes musicales.
On se régale dans ce voyage autour de la chambre d'une succession
de pièces illustrant divers styles, rag, blues, ragga.
Et on admire le tour de force dans l'art d'accommoder l'instrument.
C'est un piano bien préparé, arrangé, servi
sous tous les angles, à toutes les vitesses, par la «magie»
de la technique. Tout en tirant sa quintessence des cordes métalliques,
marteaux et bois, il sait être mélodique dans Jazz
at the Inharmonic, percussif et chaloupé dans Les
pensionnaires, ou Africa,
orientalisant et hypnotique dans Inside.
De son passage en chef d'orchestre à l'ONJ, lui est restée
cette passion des instruments et des sonorités, des jeux
de couleurs et de timbres qu'il marie à plaisir.
Singulier pluriel, le piano exulte et n'a jamais mieux résonné.
Une invitation fascinante d'un piano «raisonné».
Virgin Megapress juin
2003
Les pianistes français semblent cette année tenter
par laventure du solo, épreuve de vérité
où se dévoilent les forces et faiblesses dun
improvisateur. Après Baptiste Trotignon et Benoît Delbecq,
cest au tour de ce surdoué dAntoine Hervé
de se risquer à cet exercice de haute solitude.
Le piano est ici traité tour à tour comme de la percussion,
du berimbau, du sitar ou de la guimbarde. Sans la moindre tricherie
technique, tous les sons proviennent exclusivement des touches,
du bois ou des cordes métalliques de linstrument, un
somptueux Fazzioli. Une envoûtante invitation au voyage. Aubout
de la danse et de la transe, de la poésie et du rêve.
Pascal Anquetil
Responsable du Centre d'information du Jazz
TGV Magazine mai
2003
Tour à tour directeur de lOrchestre National de Jazz,
auteur pour la danse, le cinéma, chef dorchestre
le touche à tout Antoine Hervé revient ici à
ses premières amours : le piano.
Inside est un
bel album dun peu plus dune heure, où le jeu
en solo du pianiste et son toucher ne sont pas sans rappeler les
climats du «Köln Concert» de Keith Jarrett, en
plus sobre.
Métro avril
2003
On sait quAntoine Hervé, pianiste virtuose, compositeur
inventif et chercheur infatigable. Son premier album solo est donc
bourré dinnovations et démotions. Le piano
est traité tour à tour comme de la percussion, du
berimbau, du sitar, de la guimbarde
Tous les sons (hors la voix du pianiste) viennent exclusivement
du piano, pour un voyage dune grande poésie.
Central Jazz
Encore une fois, les morceaux choisis sont des standards totalement
intemporels, tels que Love
for Sale, Solar,
Caravan,
ou bien entendu, comme le suggère le titre, Summertime
(entre autres, le cd comprend 8 morceaux). Pourtant, on est tout
de suite séduit par l'approche, l'oreille est captivée
par ce subtil mélange de connu et de modernité. En
effet, le groove est très présent dans cet album,
certains morceaux sont joués très funk (Love
For Sale, Freddie
Freeloader, Summertime),
ce qui leur
donne un coup de jeune incroyable, sans pour autant les dénaturer.
D'autres sont interpretés de façon plus «classique»
(My
Foolish Heart, Solar,
Like
Someone In Love), et permettent aux musiciens de s'exprimer
différemment. Après avoir fait preuve de «groovitude»
absolue, ils se déchaînent, et nous offrent une démonstration
d'improvisation et musicalité hallucinante. Les trois sont
au top de leur art. François Moutin est complètement
génial, son jeu est unique, comme d'habitude, il est un des
meilleurs contrebassistes du monde, sans aucun doute ! Louis, le
frangin batteur, est également d'une subtilité rare,
et leur complicité, certainement accentuée par leur
lien étroit de parentée, s'en ressent à chaque
instant.
Enfin, le leader, Antoine Hervé, s'impose comme un excellent
leader, avec un jeu tout en finesse, très rythmique, également.
A noter que ce disque se termine par Caravan,
morceau qui avait entamé Fluide, 6 ans avant !
Olivier Masson
centraljazz.com
Antoine Hervé sort un nouvel album en trio, avec les jumeaux
génies de la section rythmique, les frères Moutin.
Au vu des noms des musiciens, on est en droit de s'attendre à
quelque chose de bon, voire très bon. Loin d'être déçevant,
ce disque s'avère être excellent, les standards choisis
pour l'occasion étant magnifiquement interpreté, avec
originalité et finesse, comme savent le faire ces trois prodiges.
ils ont écrit :
« un magnifique pianiste de
jazz »
« Un des plus beaux trios en activité, de la classe
des plus grands »
« Un trio qui est l’un des plus originaux sur la scène
européenne »
Télérama-Michel Contat
« Il a en lui la rigueur, l’intelligence, le choix juste
qui s’entendent chez les maîtres »
Le Monde-Francis Marmande
« Un pianiste au superbe toucher, très fin dans la
fermeté, et une grande habilité, sensibilité
et intelligence dans le retraitement des standards »
Keyboards magazine- Franck Medioni
« Quelque chose de crucial est en jeu…il nous entraîne
dans une authentique aventure »
Diapason
« …dans l’art de la réharmonisation subtile,
dans la plénitude d’un phrasé libre, décontracté,
…dans la joie de l’invention rythmique, dans la qualité
du toucher, dans la maîtrise du discours »
Jazzman – Arnaud Merlin
« Sans aucun doute l’une des personnalités les
plus attachantes du jazz français »
Nice Matin
« L’une des meilleures choses qui soit arrivée
au jazz français, voire au jazz tout court depuis ses débuts
»
Guitare Magazine-Olivier Cauvin
« Pas de prise de tête, même si le propos reste
constamment sagace. Plutôt que de notes, Antoine Hervé
préfère parler de la vie »
L’Humanité Dimanche- Fara C.
« Antoine hervé ne joue pas une note de trop ou pas
assez, juste ce qu’il faut »
Dnevnik-Milan Dokleva
« a wizard on the keyboard » (un sorcier du clavier)
The Djakarta Post
« Ce trio qui donne charme et joie de vivre à la vie…somptueux
»
Jazz Notes
« Bravo à Hervé, compositeur-improvisateur confirmé
et recréateur de standards de haut niveau »
Jazz magazine – thierry Quénum
« Grande prise de rique et bonheur de jouer absolu. C’est
ça le jazz »
Inrockuptibles
« Le pianiste Antoine Hervé est d’humeur joyeuse
: il a touché à tout avec bonheur et il est visiblement
ravi de se promener au beau milieu de quelques standards »
Nord Eclair
« L’interêt ne fléchit à aucun moment
tant la musique s’invente sous ses doigts »
Le Généraliste
« Un style tendre, drôle, sincère et chaleureux
; et on s’y sent bien »
La Voix du Nord
« Il sait, avec une justesse de ton finalement pas si courante,
s’immerger dans un contexte musical différent de sa
pratique habituelle »
La Nouvelle République
« Admirable de verdeur et de finesse, il apporte couleur et
singularité à ces thèmes légendaires
»
Le Progrès
« Débordant de plaisir, d’audace, d’insolente
érudition »
L’ Humanité Dimanche
« avec son toucher percussif, son langage sans fioritures,
son sens de l’harmonie et de la mélodie et ses improvisations
dans lesquelles les idées fourmillent dans sa tête
et au bout de ses doigts »
Semaines des spectacles
« le disque est plein d’enthousiasme. C’est important
qu’il y ait cette joie. On a vraiment le sentiment qu’il
existe un désir de partage avec l’auditeur »
Charente Libre
« Le public se plonge dans une profonde méditation,
puise au plus profond de son imagination, rit, s’enthousiasme,
puis se laisse gagner par l’émotion »
Le Télégramme
« Antoine hervé n’est pas un musicien de jazz,
c’est un musicien »
Kristen Nogues- harpe celtique
« la création, mêlant subtilement le jazz à
la musique traditionnelle bretonne est une gageure, parfaitement
maîtrisée par Antoine hervé »
Ouest-France
« Un diablotin sautillant du jazz au celte avec une rare agilité
»
Ouest France-Françoise Rossi
"Chaque geste musical d'Antoine Hervé affirme et prouve
ce qu'il est: un grand pianiste, un grand compositeur, un véritable
grand musicien d'aujourd'hui."
Martial Solal
"Avant de s'apercevoir que la musique d'Antoine Hervé
est intelligente, on est conquis parcequ'elle est heureuse et communicative"
André Francis
"It's my real family" ("c'est ma vraie famille")
Quincy Jones (à propos de l'Orchestre
National de Jazz d'Antoine Hervé
en 1989)
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